Jésus le baptiseur
Et alors nous regardons à Jésus. Jésus Fils de Dieu uni à son Père, et qui baptise dans l’Esprit-saint, qui inonde et submerge de souffle de vie.
Ici chez Jean, à la différence des trois autres évangiles, le baptême de Jésus n’est pas mentionné. Il disparaît, comme pour dire que Jésus n’a pas besoin de la validation de Jean pour être celui où demeure l’Esprit de Dieu. Jésus n’est pas le baptisé mais le baptiseur, celui qui répand sur le monde l’Esprit créateur et consolateur du Dieu vivant.
« Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». « Voici l’être humain », dira Pilate (Jean 19,5). Voici Jésus à contempler. Il est celui qui vient, et que nous pouvons regarder venir à nous. Il a quelque chose à donner au monde, au cosmos comme on dit en grec, à l’univers. Voici l’immensité de Jésus pour nous tous, pour la terre et tous ses habitants.
Nous jugeons (de temps en temps) que le monde va mal. En d’autres termes, le monde connaît le péché, l’erreur et l’échec, la souffrance ; il ne va pas comme nous voudrions, et la cible est manquée. Voici Jésus contre tous les ratages. Il guérit, il adoucit, il pardonne, il libère.
Et il agit par sa douceur. Cet agneau se retrouve dans Isaïe 53 :
« Brutalisé, il s’humilie ; il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent : elle est muette ; lui n’ouvre pas la bouche. » Il est écrit : « En fait, ce sont nos souffrances qu’il a portées, ce sont nos douleurs qu’il a supportées […] et dans ses plaies se trouvait notre guérison. » (Isaïe 53,4.5.7).
Voici Jésus qui porte à notre place tout ce qui est trop lourd pour nous, l’agneau pur et doux qui guérit.
Cet agneau, nous pouvons pouvons aussi le rapprocher de l’agneau pascal. Jésus dans le temps de la pâque, se donne sur la croix. L’agneau pascal fait référence à Exode 12.
« On prendra du sang ; on en mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on la mangera. On mangera la chair cette nuit-là. […] C’est la Pâque du SEIGNEUR. […] Le sang vous servira de signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang. Je passerai par-dessus vous, et le fléau destructeur ne vous atteindra pas quand je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là vous servira de mémorial. » (Exode 12,7-8.11.13-14).
L’agneau pascal protège. Il délivre, car il annonce la sortie d’Égypte, la libération de l’esclavage. Et c’est vrai, le péché nous avait rendus esclaves. Et déjà l’agneau pascal évoque le don du corps et du sang du Christ. Voici déjà dans cette apparition du Christ, un résumé de toute sa mission sur la terre. Ce n’est rien de moins que l’abolition du mal. Et l’univers est sauvé.
Seul Dieu peut accomplir cela. Jésus est vraiment le Fils de Dieu. L’Esprit saint qu’il répand abondamment sur le monde comme un torrent de vie fait germer le désert et fleurir notre cœur. En lui nous portons du fruit.
« Comme descend la pluie ou la neige, du haut des cieux, et comme elle ne retourne pas là-haut sans avoir saturé la terre, sans l’avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange, ainsi se comporte ma parole du moment qu’elle sort de ma bouche : elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l’avais envoyée. » (Ésaïe 55, 10-11).
Voici la parole de Dieu qui est devenue chair et qui a demeuré en nous. Le Christ vivant apparaît, il dit et il agit. Il nous baptise dans l’Esprit saint ; et tous ses dons, tout le fruit de l’Esprit est pour nous aussi, si nous voulons l’accueillir aujourd’hui. L’Esprit descend du ciel, et il demeure, et ne nous quitte plus. Il donne l’eau vive et nous féconde. Il nous fait naître d’en haut !
Amen !