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Il vient sur les nuées (Daniel 7)
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Prédication du dimanche 22 mars 2026
Il n’est pas rare que la Bible use de poésie ou de langage symbolique, comme ici, avec des images saisissantes et inoubliables.
Nous voudrions très vite les décoder pour en obtenir le sens, mais justement elle ouvre à des possibilités des sens mouvantes et indéfinies. Parfois nous pouvons accepter que le sens nous échappe ou nous résiste, avant de se laisser découvrir de façon toujours nouvelle.
Néanmoins dans la suite du passage, Daniel demande l’interprétation, et il lui est dit que les quatre animaux sont des rois, ou peut-être des royaumes, et que les cornes représentent des rois dans leur puissance. C’est donc une lecture de l’histoire et de la géopolitique.
Nous y reconnaissons quatre empires qui se sont succédé : les Babyloniens, les Mèdes et les Perses, les Grecs. La corne qui parlait avec arrogance, en écho aux premier livre des Maccabées, serait Antiokhos Épiphane, roi de la dynastie hellénistique des Séleucides qui a dominé la Syrie et Israël, et qui a persécuté les juifs entre 167 et 164 avant Jésus-Christ. De cette époque daterait le livre de Daniel.
Plus tard, dans les années 90 après Jésus-Christ, l’Apocalypse de Jean reprend le même langage pour l’actualiser en référence à l’empire romain, et à ses persécutions.
Les empires sanglants se déchirent avec férocité et comme des bêtes sauvages, et causent dans leur sillage de terribles souffrances. L’image reste hélas bien trop juste pour décrire les guerres aujourd’hui dans le monde. Face à cette violence animale des hommes, que dire ? Nous restons atterrés comme Daniel, épouvantés.
Pourtant l’Apocalypse de Jean apporte une nouveauté, en faisant apparaître un autre animal à cornes : c’est un agneau.
« Alors je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des anciens, un agneau debout, qui semblait immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. » (Apocalypse 5,6).
Face au lion aux ailes d’aigle, à l’ours, au léopard et à la quatrième bête, voici un agneau égorgé mais debout qui vient s’asseoir sur le trône. Voici l’agneau de Dieu. Voici la royauté de Dieu.
Dieu n’est pas un vieillard ; il vaudrait mieux traduire un ancien, dans le sens positif qui était donné à l’expérience de l’âge. Cet ancien vêtu de blancheur dans le rêve donne une apparence humaine à Dieu ; l’auteur a pris ce risque. Mais il ne dit pas que Dieu a une longue barbe blanche ; c’est son vêtement qui est blanc comme la neige, donc lumineux. Dieu vient rendre justice, et met fin au pouvoir des quatre bêtes. Il est l’espérance des opprimés.
Voici alors une nouvelle vision : comme un fils d’homme ou d’humain, qui vient sur les nuées du ciel. Il s’approche de Dieu, est investi de la royauté, et règne éternellement.
Ce même chapitre 7 de Daniel en donne plus loin une interprétation :
« Les saints du Très-Haut recevront la royauté, ils posséderont la royauté pour toujours, à tout jamais. » (Daniel 7,18).
Le peuple des saints, le peuple de Dieu régnera.
La seconde interprétation de ce fils d’homme est messianique. Et Jésus parle de lui-même comme fils de l’être humain :
« Le grand prêtre lui demandait encore : Est-ce toi qui es le Christ, le Fils du Béni ? Jésus répondit : C’est moi. Et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. » (Marc 14,62).
Ce roi venu du ciel et qui règne sans fin a les attributs de Dieu.
Cela nous invite à l’espérance. Regarder vers le ciel, et attendre celui qui vient, le roi libérateur envoyé par Dieu. Comme il est écrit dans la lettre aux Colossiens :
« Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. » (Colossiens 3,1).
Lever les yeux vers le ciel d’où vient le secours, sur les nuées comme l’arc-en-ciel, sur la nuée qui, lorsqu’elle emplit le temple, est le signe de la gloire de Dieu. Notre Seigneur est celui qui vient, fils humain et fils de Dieu. Il est au-dessus des puissants, de tout pouvoir et des horreurs de ce monde.
Souvent nous voulons tout contrôler, et nous n’aimons pas les solutions qui tombent du ciel. Mais quand les hommes nous dévorent comme des bêtes sauvages, seul Dieu nous sauve, c’est la grâce. Oui le Seigneur descend du ciel, nous crée une nouvelle terre, une cité sainte qui descend du ciel. Il nous ouvre un royaume des cieux, sans rien de commun avec les empires de la terre. Notre roi est pur et doux comme l’agneau, il a souffert et a été relevé. Oui Seigneur, que ton règne vienne sur la terre comme au ciel !
Amen !