Retrouver la joie (Jean 20,19-31)

Prédication du dimanche 12 avril 2026

Croire au meilleur

Parfois nous sommes comme Thomas. Il nous est impossible de croire.

 

Dans notre vie, une relation brisée peut nous paraître impossible à restaurer. Pour notre terre et l’avenir de l’humanité, arrivons-nous à espérer ? Un découragement nous guette, qui se veut lucide et n’est que résigné. Nous n’y croyons plus, et en fait ce n’est pas rationnel. Un sentiment de tristesse nous envahit.

 

Ou alors, nous pouvons choisir la vie. Ne pas rester enfermés, attachés et bloqués par un souvenir, par ce qui est fini et ne reviendra plus, croyons-nous.

 

Car la question n’est pas croire ou ne pas croire, être rationnel ou irrationnel. C’est plutôt croire au pire, ou croire au meilleur.

 

Nous avons peur de tout, des autres, de nous-mêmes ou de Dieu ; peur d’avancer, de changer, de nous ouvrir. La résurrection, c’est croire à l’espérance et non au désespoir.

Au-delà des murs

Les disciples gardent leurs portes fermées, par peur. L’être humain incurvé, recourbé sur lui-même, n’est-ce pas là le péché, la cassure de la relation à Dieu, l’oubli du sauveur en qui espérer ? Souviens-toi, dit Dieu à travers la Bible. Souviens-toi : je suis le Seigneur, je suis avec toi, je t’ai fait sortir de la terre d’angoisse (ce que signifie l’Égypte en hébreu). Dieu nous libère.

 

Christ est vraiment ressuscité ! Après ce qui nous paraît la fin de tout, à savoir la mort, Jésus s’est relevé, il se lève, il est debout, réveillé. Les murs où s’enferment les disciples ne l’arrêtent pas. Il vient avec la paix à nous donner, shalom, non seulement la paix, mais aussi le salut, la plénitude d’être.

 

Ayons le courage d’être, de vivre ! Mais souvent quand nous sommes abattus, justement nous n’avons pas en nous cette force, ni même le goût de repartir. Nous avons besoin d’une puissance qui ne vient pas de nous, qui nous renouvelle, nous régénère et recrée la possibilité de la vie et d’un bel avenir.

 

Jésus vient et déjà, la peur, le dégoût, la tristesse et le deuil dépressif et mortifère cèdent la place à la joie. Les disciples se sont réjouis de voir le Seigneur. C’est peu de le dire. La joie qui était devenue impossible réapparaît, elle est donnée. Les disciples ressuscitent.

Joie de l'Esprit saint

D’où vient cette puissance de joie ? Jésus dit : « Recevez l’Esprit saint ! » Un souffle nouveau entre en eux, et les ranime. Dans l’élan de ce souffle, comme la respiration d’une haleine de vie, ou comme un vent de printemps qui réchauffe la terre, Jésus les envoie.

 

Ils se lèvent, eux aussi, se remettent debout. Et tout est changé. Je ne croirai jamais, s’exclame Thomas ; mais à peine une semaine écoulée, quand est revenu le premier jour après shabbat, comme à nouveau le premier jour de la création, il crie une des plus belles confessions de foi, emporté dans cet élan de vie et de joie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

 

La béatitude est écrite pour nous : nous sommes heureux ! Nous qui sans voir, avons cru, nous avons la vie en son nom. Et c’est ainsi que nous avons vu, vu l’action du Christ vivant en nous, vu notre propre résurrection.

 

Qu’est-ce qui est le plus difficile, ressusciter l’espérance, ou guérir le corps ? Alors la résurrection nous donne aussi une espérance pour notre chair. C’est un mystère et c’est la foi de toute l’Église. Dieu donne à tout notre être une forme nouvelle et un souffle de vie.

 

Jésus nous donne l’Esprit de vérité.

« Et c’est le Souffle qui témoigne, parce que le Souffle est la vérité. » (1 Jean 5,6).

 

Amen !

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