Tous remplis d’Esprit saint (Actes 2,1-11)

Prédication du dimanche 24 mai 2026, fête de Pentecôte

 

  • Qu’est-ce qui me touche ou me parle le plus dans ce texte ?
  • Qui est l’Esprit saint pour moi ?

 

Prédication audio :

Toutes les langues

Nous voyons et entendons ici l’Église universelle, qui unit des gens de toutes langues et de toutes les nations. Nous en sommes les héritiers, nous qui ne sommes pas juifs. Et même pour celles et ceux d’entre nous qui ont des racines juives, nous sommes le fruit d’un brassage, de croisements et de rencontres de peuples. Notre communauté ici manifeste cette beauté joyeuse des origines diverses, où l’autre est accueilli, où personne n’est étranger, et tous nous sommes citoyens du ciel.

 

Le livre de la Genèse propose un récit pour expliquer les origines de cette diversité. Toutes les nations sont descendantes de la famille de Noé ; et donc tous les peuples sont frères et sœurs.
Après une longue liste des noms de 70 nations, le chapitre 10 de la Genèse se conclut ainsi :

« Ce sont là les fils de Sem, selon leurs familles, selon leurs langues, selon leurs pays, selon leurs nations. Telles sont les familles des fils de Noé, selon leurs générations, selon leurs nations. Et c’est d’eux que sont sorties les nations qui se sont répandues sur la terre après le déluge. » (Genèse 10,31-32).

Voici l’apparition des langues. Et toutes les nations humaines se dispersent pour peupler la terre après le déluge. C’est un nouveau commencement, dans l’alliance avec Dieu.

 

A la Pentecôte, l’Esprit saint est donné et lance une dynamique. Comme une nouvelle création, dans un nouvel envoi, les amis de Jésus deviennent apôtres, c’est-à-dire missionnaires. Et ils annoncent le Christ vivant à toute la terre.

 

C’est ce que Jésus leur a promis, à l’Ascension :

« Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1,8).

 

C’est ce qui commence à s’accomplir. Et aujourd’hui, l’évangile est proclamé dans le monde entier, et la Bible entière est traduite en presque 800 langues. Cet essor incroyable de l’Église s’est réalisé.

Un don de langue

Souvent, nous ne savons pas bien comment parler de Dieu. C’est intime. Même si nous osons parler, nous ne sommes pas toujours entendus et compris, comme si nous n’avions pas le même langage. Alors la Pentecôte arrive comme un don des langues, une libération de la parole.

 

Elle permet à des gens très différents de se comprendre, de se retrouver dans leur langue maternelle.
Le texte des Actes ne parle pas littéralement de langue maternelle, mais évoque plus précisément : « notre propre dialecte, dans lequel nous sommes nés ». Il s’agit donc de naissance, d’une nouvelle naissance. L’Esprit saint nous fait renaître à la vie, nous régénère. Nous sommes recréés après l’eau du baptême, comme après le déluge et l’alliance de Dieu avec Noé et toute la création.

 

Au début de son premier livre, Luc raconte l’histoire de Zakharie, qui restait muet jusqu’à la naissance de son fils, et jusqu’à ce qu’il écrive que son nom sera Jean.

« A l’instant même, sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia ; il se mit à parler et à bénir Dieu. » (Luc 1,64).

Voici aussi une naissance qui mène à une langue guérie, pour une parole libre, assurée, forte. Le début de l’évangile selon Luc résonne ainsi avec le début des Actes des apôtres. La langue dans le double sens d’organe physique de la parole et de langage pour se comprendre devient non plus un obstacle, mais vraiment un lien pour une communication profonde entre les humains.

 

Alors la langue peut transmettre l’amour de Dieu, et le message d’un Dieu qui parle à travers nous.
Jacques, dans sa lettre, souligne la puissance de la langue, pour le meilleur et pour le pire :

« La langue est une petite partie du corps, mais elle a de grandes prétentions. Voyez comme un petit feu peut embraser une grande forêt ! » (Jacques 3,5).

Feu

A la Pentecôte, ceux qui sont là reçoivent chacun une langue comme de feu. Ils sont brûlants d’amour. Et la flamme se propage.

 

 

Jean Baptiste annonce Jésus et dit : « Lui vous baptisera dans l’Esprit saint et le feu. » (Luc 3,16). Jésus s’écrie : « Je suis venu mettre un feu sur la terre ; comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Luc 12,49). Ce feu, c’est bien l’Esprit saint, qui nous réchauffe le cœur et qui éclaire le monde, une grande lumière pour toutes les nations.

 

 

Comment porter ce feu qui fait vivre ? Je voudrais reproduire devant vous une petite expérience qui m’a été montrée par le métropolite copte Anba Thomas, qui est venu au Mazet-Saint-Voy les 9 et 10 mai 2026.

 

 

1) J’allume un morceau de coton. Il fait une flamme, puis tout est brûlé en une dizaine de secondes, il s’éteint.

 

2) Je verse de l’huile, j’y pose un morceau de coton. Il fait une flamme puis s’éteint. Il reste la partie qui était baignée par l’huile qui n’a pas brûlé.

 

 

3) Le coton façonné avec une mèche est totalement imbibé d’huile. Alors la flamme est plus petite et douce, elle brûle régulièrement et continue à briller pendant des dizaines et des dizaines de minutes, tant qu’il reste de l’huile. Elle est devenue une lampe à huile.

 

La mèche de coton alors brûle sans se consumer, comme le buisson ardent (Exode 3,2), grâce à l’huile qui rappelle l’huile du sanctuaire qui brillait constamment.

 

 

L’Esprit saint est cette huile messianique. S’il nous remplit, si nous avons eu la patience de l’accueillir pleinement en nous, alors nous pourrons briller sans burn-out, sans nous consumer. Nous deviendrons lumière du monde, pour rayonner jusqu’aux extrémités de la terre.

 

Amen !

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