Les signes de Dieu
C’est là que Dieu vient à leur secours, miraculeusement. Il passe par Ashpenaz, le chef des hauts fonctionnaires de Nabuchodonosor, personnage important et impressionnant. Et il est écrit : « Dieu fit trouver à Daniel faveur et grâce devant le chef des eunuques. » Ou encore, dans la traduction d’André Chouraqui : « Elohîms donne Daniél en chérissement et matrices, face au chef des eunuques. »
Cet homme puissant se laisse émouvoir par cet enfant, Daniel. C’est le vocabulaire de l’amour, de la tendresse maternelle. Ce grand ministre se met à l’écoute d’un enfant, et accède à sa requête, sous réserve que cela soit compatible avec ce qu’il doit à son terrible roi. L’intendant prend le relais, celui qui plus quotidiennement s’occupe de nourrir les enfants. Et lui aussi, Dieu le rend compréhensif.
Le premier don de Dieu, c’est de placer de bonnes personnes sur notre route, des personnes de cœur, ou de rendre sensibles celle qui ne l’étaient pas particulièrement. J’aime à reconnaître là des anges, des messagers de Dieu, incognito dans les femmes et les hommes qui nous entourent.
Et parfois nous-mêmes, nous sommes appelés par Dieu à servir les enfants sans défense et merveilleux, à faire le petit geste qui changera tout pour eux. Il est beau de ressembler à cet intendant dont nous ne saurons rien de plus, mais qui reste un personnage positif au milieu même du drame de la vie, un signe de Dieu, un témoin à son insu.
Le second don, qui apparaît bien comme une extraordinaire intervention de Dieu, comme une vraie bénédiction, c’est le résultat sur la santé des quatre amis. On pourrait vanter les mérites d’un régime sans viande, équilibré par du lait, des œufs, des vitamines et du fer. Les légumineuses comme les fèves, les pois, les lentilles, les haricots, sont en effet très riches en protéines.
Mais il ne s’agit pas de diététique. C’est une question de principe. La contrainte de ne pas manger de viande rend tout de même plus difficile de se nourrir sans avoir de carence. Ce n’est pas parce qu’ils sont végétariens qu’ils ont une mine superbe ; c’est par la grâce de Dieu.
Intelligemment, Daniel propose une expérience sur dix jours. L’intendant peut plus facilement dire oui s’il ne s’engage que pour une courte durée, et s’il peut ensuite reconsidérer la question librement. Et contre toute attente, non seulement les quatre amis ne dépérissent pas, mais ils rayonnent et se portent mieux que tous les autres. Les enfants deviennent les favoris du roi, du féroce empereur Nabuchodonosor de Babylone. Et maintenant le décor est planté, les personnages sont introduits, l’histoire de Daniel peut vraiment commencer. Dieu va continuer à faire des merveilles.
Dieu est fidèle, il ne nous abandonne pas, il nous sauve, et nous fait briller au regard de tous. Quand tout est contre nous, quand nous ne pouvons rien, il nous donne tout, par pure grâce. Ça va mal, peut-être, mais d’autres ont connu bien pire ; et nous avons un sauveur en ciel.
Nous pouvons dire comme Joseph à ses frères, réconcilié :
« Le mal que vous comptiez me faire, Dieu comptait en faire du bien, afin de faire ce qui arrive en ce jour, pour sauver la vie d’un peuple nombreux. » (Genèse 50,20).
Oui Dieu change le mal en bien.
Amen !