Tous appelés et choisis
Quatrième joie : Dieu nous appelle.
Il beau d’être appelé. Jésus s’est choisi des amis, un par un, il a pris du temps avec eux pour les connaître. Ils sont douze, mais chacun est nommé individuellement, et tant pis si la liste est un peu longue. Car Barthélemy n’est pas Jacques, et Philippe diffère de Thaddée comme Thomas a une personnalité différente d’André.
Ils étaient jusque-là des disciples, c’est-à-dire des apprentis, des apprenants, en apprentissage parce qu’ils avaient beaucoup à apprendre. Ils deviennent apôtres, c’est-à-dire envoyés en mission. Ils ont maintenant quelque chose à dire, un message brûlant qu’ils portent en eux, ils reçoivent cette autorité, cette urgence et cette responsabilité. Ils vont agir, et faire comme Jésus.
Comme Jésus, ils vont annoncer que Dieu règne, ils vont guérir, purifier, ressusciter, libérer tous ceux qu’ils rencontreront. Jésus leur donne autorité, un pouvoir, une puissance qui ne vient pas d’eux.
Alors nous pourrions nous dire que c’est magnifique pour ces douze apôtres, ou peut-être d’autres personnes exceptionnelles par leur foi, mystiques ou spirituelles, saintes, hors du commun. Et que nous ne sommes pas du tout à la hauteur. Or c’est pour tous, et c’est pour nous.
D’abord les disciples n’étaient pas exceptionnels, ou étaient aussi exceptionnels que chacun de nous. Simon et André, Jacques et Jean pêchaient des poissons, comme beaucoup d’autres sur le lac de Galilée (Matthieu 4,18-22). Matthieu c’est pire, il prélevait les taxes pour l’occupant romain, un métier généralement pas très éthique mais assez lucratif. Et Judas a livré Jésus. Jésus a choisi ces gens-là.
Ensuite, si les apôtres sont douze, c’est pour représenter les douze tribus d’Israël, et donc symboliser tout le peuple. Ce douze est inclusif, et non limitatif.
Enfin, dans la première lecture en Exode 19, nous avons entendu la vocation du peuple :
« Quant à vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. » (Exode 19,6).
Tout le peuple est saint, tout le royaume est prêtre, chacun est invité à une relation unique et privilégiée avec le divin, à une vie extraordinaire avec Dieu.
Ce verset est repris dans le Nouveau Testament où l’appel s’élargit au-delà d’Israël à toutes les nations, selon les prophéties. Nous sommes tous prêtres, c’est ce que le protestantisme appelle le sacerdoce universel.
Nous découvrons l’universalité de l’appel de Jésus. Il nous parle personnellement, chacun par son nom. Il nous offre une mission pour lui. Il nous donne sa puissance et son autorité. Maintenant ce n’est plus seulement Jésus qui guérit et qui a les paroles de la vie éternelle ; c’est nous aussi, nous avec lui.
Il nous appelle tous ; toi aussi, il t’appelle ; moi aussi, les autres aussi.
Je vous invite à reprendre pour vous cette prière :
Seigneur, tu m’as appelé, me voici, je viens faire ta volonté, je désire te servir. Permets-moi d’être saint, mis à part et consacré à toi, appelé par mon nom. Donne-moi cette autorité que je n’ai pas encore, qu’elle vienne toujours de toi. Rends-moi capable d’être pleinement ce que tu veux pour moi, car tu me donnes le meilleur de moi-même. Guéris-moi, envoie-moi ! Que je puisse faire du bien autour de moi, guérir les malheureux qui souffrent, par ta grâce. Merci pour la fête, la bénédiction de la moisson, qui est pure grâce de ta part !
Amen !