- Accueil
- Actualités
- Église de témoins
- Prédications
- Vie spirituelle
- À travers le feu (Daniel 3)
À travers le feu (Daniel 3)
Partage
Prédication du dimanche 15 mars 2026
Je voudrais esquisser avec vous trois messages : résistance, confiance, et révélation de notre Dieu.
Résistance d’abord. À Babylone sur le fleuve Euphrate, dans l’Irak actuel, voici Nabuchodonosor, un souverain qui impose aussi son pouvoir dans le domaine religieux. La liberté de pratiquer sa foi n’existe pas. La nation qui est soumise à un roi doit se soumettre aussi aux dieux de ce roi. Le roi gouverne par la peur, avec la plus grande brutalité. Celui qui n’obéit pas est exécuté. Le roi accorde bien peu de prix à la vie humaine, puisqu’il fait mourir ses soldats les plus vigoureux en surchauffant la fournaise à l’extrême.
Contre la tyrannie et la théocratie, Shadrak, Méshak et Abed-Nego osent une parole sans compromis, et sont prêts au martyre pour ne pas renier leur Dieu. Ils ont ce courage et cette liberté souveraine. « Il nous délivrera de la fournaise ardente et de ta main. » Et si ce n’est pas le cas, ils maintiendront leur position de toute façon.
Il faut dire qu’ils n’ont pas juste un autre Dieu. Les dieux de Nabuchodonosor ne sont pas choisis, il faut juste leur obéir et se prosterner. Notre relation à Dieu est tout à l’opposé. Avec le même mot Dieu, nous parlons d’une réalité totalement différente. Avoir un autre dieu parmi les dieux des nations, ce serait se soumettre à telle toute-puissance ou à telle autre, choisir de qui être esclave. Mais notre Dieu n’exerce pas contre nous son pouvoir souverain, au contraire il nous donne le pouvoir qui était le sien ; il ne nous asservit pas, il nous libère ; il ne nous abaisse pas, il nous élève. Il ne s’agit plus de domination, mais d’amour. Le Dieu de Nabuchodonosor est un super-empereur, un Nabuchodonosor à la puissance sept. Notre Dieu est le tout autre, Dieu d’amour, Dieu de l’infini, incommensurable.
« Mon royaume n’est pas de ce monde », dit Jésus (Jean 18,36). Son royaume est aux cieux, d’un autre ordre, et d’une autre dimension. Les religions ne sont pas interchangeables. Notre Dieu est unique.
La résistance des trois Juifs se fonde sur une confiance inébranlable en leur Dieu. Et Dieu les sauve, il accomplit l’impossible, il les fait vivre au milieu du feu.
Alors cette confiance en toutes circonstances est pour nous aussi. Ceux qu’il aime, Dieu les délivre des hommes, des empereurs et des dieux, du feu et des éléments naturels, et de la mort elle-même. Puisque notre Dieu peut faire tout cela pour nous, il pourra aussi résoudre nos problèmes.
Les inquiétudes financières de l’Église reviennent de façon récurrente. Et cette année nous avons reçu un legs tout à fait inattendu et qui offre de nouvelles possibilités. Gloire à Dieu ! Si nous l’envisageons avec le regard de la foi, c’est un signe que Dieu veille sur nous.
Ce n’est pas pour nous déresponsabiliser, mais simplement pour nous rappeler que nous ne portons pas le poids du monde sur nos faibles épaules. C’est Dieu qui nous porte. Et l’Église vit de sa grâce. Si elle ne veut vivre que comme une institution humaine, elle perd son âme et elle meurt.
Je voudrais que nous nous souvenions de cette image : notre Dieu nous fait traverser la fournaise de feu, indemnes.
« Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » (Psaume 23,4).
Et avec Shadrak, Méshak et Abed-Nego, au milieu du feu se tient une mystérieuse silhouette, un quatrième homme qui ressemble à un fils des dieux. Ou un fils de Dieu. Vous savez peut-être que le mot Èlohim en hébreu est un pluriel, de sorte que selon les contextes on peut hésiter entre traduire Dieu et les dieux. Ce passage du livre de Daniel n’est pas écrit en hébreu, mais en araméen. Mais ce sont des langues voisines, et on peut soit traduire par des dieux au pluriel, ce qui paraît logique dans la bouche de Nabuchodonosor, soit par fils de Dieu, ce qui ouvre une signification plus profonde.
Qui est ce fils de Dieu ? Peut-être un humain, peut-être Daniel qui est étrangement absent de ce chapitre. Mais peut-être aussi, en assumant une lecture chrétienne, le fils de Dieu pour nous, Jésus christ.
Jésus christ vient nous rejoindre au milieu du feu ; et par lui s’accomplit l’impossible, nous survivons, nous sortons de la fournaise ardente. Il nous délivre de la mort et du pouvoir oppresseur.
Voici que Dieu se révèle comme le tout-proche, qui nous accompagne, qui survient au lieu même de notre agonie, de notre tragédie humaine, pour ouvrir une issue qui dépasse toutes nos espérances. Il ne le fait pas de loin, mais il le vit avec nous. Le fils de Dieu est avec nous jusqu’au cœur de la mort, et jusqu’au ciel.
À Moïse aussi, à la montagne de Dieu, l’Éternel se révèle dans le feu :
« L’ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. » (Exode 3,2).
Et plus tard, de nouveau à l’Horeb, Dieu donne ses dix paroles :
« Vous vous approchez, vous vous tenez sous la montagne ; et la montagne brûle de feu jusqu’au cœur des ciels. » (Deutéronome 4,11 ; traduction Chouraqui).
Notre Dieu a la puissance du feu, mais une puissance qui ne détruit pas, ne consume pas. C’est un feu lumineux qui éclaire. Nous ne craignons rien. Nous sommes déliés, en liberté, en pleine confiance. Le Fils de Dieu est avec nous au milieu du feu.
Amen !