L’ange du Seigneur, et Jésus
« Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! » (Jean 20,29). Oui Dieu déjà dans l’invisible se laisse approcher. C’est d’autant plus extraordinaire quand il se révèle aux yeux. Et Matthieu fait sentir la grandeur de l’événement, avec des éléments un assez spectaculaires, oui, car le Tout-puissant fait apparaître sa gloire.
C’est le premier jour après le shabbat, après le septième jour, une nouvelle semaine commence, comme une nouvelle création. C’est l’aube, le point du jour, un premier rayon perce, la lumière apparaît, et peu à peu le ciel s’illumine et se colore de rose et d’orangé. Et la lumière fut (Genèse 1,3).
Voici un ange du Seigneur, c’est-à-dire pas un simple messager de Dieu, mais comme la présence visible du Seigneur Dieu lui-même. Alors il est éblouissant comme la neige, étincelant comme l’éclair. C’est comme une nouvelle transfiguration, où se donne à voir le visage même de Dieu. Souvenez-vous, dans Daniel 7, c’est Dieu qui est décrit ainsi : « Son vêtement était blanc comme la neige » (Daniel 7,9).
La venue de l’ange s’accompagne d’un tremblement de terre, et les gardes aussi tremblent, comme si la création entière exprimait son émotion, son bouleversement.
L’ange roule la pierre ; et à l’intérieur du tombeau scellé et gardé, quand on l’ouvre, on ne trouve rien. Comme si Jésus s’était envolé, passant à travers les murs.
Devant cette ineffable révélation divine, la crainte est une réaction naturelle ; c’est prendre pleinement conscience de la grandeur de Dieu qui nous dépasse infiniment. Nul ne pouvait voir Dieu sans mourir. Les femmes éprouvent ce sentiment de crainte respectueuse et de vénération. Et l’ange dit : « N’ayez pas peur. »
Il nous redit ainsi la bonté de Dieu pour nous, sa proximité douce et pure, qui ne nous veut que du bien. Il conjure aussi la peur de tous ces bouleversements de la terre, la peur de la mort, cette émotion primordiale et paralysante de la peur. Il la change en confiance, en assurance.
Et puis Marie et Marie ne voient pas que le lieu du corps absent. Elles voient Jésus lui-même. Là aussi, Marc et Luc n’en parlent pas ; après Matthieu, c’est Jean qui raconte plus en détail la rencontre entre Marie de Magdala et le Christ ressuscité. Il est le crucifié, celui qui a souffert et porte les stigmates de la mort, mais qui l’a traversée et vaincu. Il est vivant, ressuscité !