Et s’ouvre maintenant un temps d’attente, entre le premier jour et le troisième jour. Voici le samedi saint, le jour du shabbat, jour de repos, jour de liberté. Un jour pour faire une pause. Ce jour vide est justement comme chaque shabbat, une fête au Seigneur.
Ce temps au tombeau est mystérieux, comme la mort.
Et c’est peut-être à ce moment-là que tout s’accomplit, sous la terre, comme en secret. Sous la terre, c’est le cimetière et le séjour des morts, un monde des ombres. Jésus est descendu aux enfers, dit le symbole des apôtres. Il est descendu dans la mort, pour la remplir de sa présence.
Il est descendu auprès des morts, pour les libérer de leur non-vie. Il est venu libérer tous les morts-vivants, les non-morts qui ne vivent pas non plus.
Quand les orthodoxes représentent en icône la résurrection, ce n’est pas la seule résurrection du Christ. Il ouvre les tombeaux, et c’est toute l’humanité morte depuis Adam et Eve qui en sort, éveillée, ressuscitée.
Jésus est descendu sur terre, il est aussi descendu sous terre, pour nous faire monter avec lui au ciel.
Sous la terre, dans ce temps de repos, il est comme une semence qui germe en secret, sans que l’être humain sache comment. Cette germination, c’est la promesse de l’humanité nouvelle qui va fleurir dans un nouveau printemps.
C’est comme un œuf qui contient la promesse d’une vie, d’une éclosion, d’une naissance, d’une venue au monde. Un œuf de pâques.
Voici samedi saint, un jour silencieux où s’accomplit le mystère de la grâce de Dieu. Et bientôt l’aube à venir du jour du Seigneur se découpera à l’horizon et déchirera la nuit.
Cette attente pleine d’espérance est aussi la nôtre : Maranatha, viens Seigneur Jésus (1 Corinthiens 16,22 ; Apocalypse 22,20).