Fruit de l’Esprit (Galates 5,22-23 et Éphésiens 4,1-6)

Prédication du dimanche 1er février 2026 : baptêmes

Jésus le baptiseur

Jean-Baptiste témoigne : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit saint. » (Jean 1,33).

 

Le baptême de Jean n’est qu’un baptême d’eau ; mais le baptême que Jésus donne a une autre dimension : nous sommes immergés dans l’Esprit saint. Nous sommes donc plongés dans la grâce, l’amour, la paix, submergés par tant de joie.

 

Moi aussi, en tant que pasteur, je baptise avec de l’eau. C’est très simple, modeste. Et le risque est de croire que ça s’arrête là. Et d’oublier que nous sommes baptisés par Jésus dans le Saint-Esprit. Oui ça ne se voit pas extérieurement, peut-être même que l’Esprit saint vient en nous au moment où nous ne l’attendons pas. Et qu’il vient, non pas une fois dans notre vie, mais plusieurs fois, de très nombreuses fois, potentiellement tous les jours, et à chaque instant.

Unité et amour

En commentant ce passage d’Éphésiens 4, Jean Calvin écrit : « Le baptême a une puissance et une efficacité si grandes, qu’il nous fait tous être un. »

 

L’unité est mise à l’honneur. L’unité signifie que nous sommes ensemble, reliés les uns aux autres, et même unis à Dieu. L’unité est relation.

 

L’unité est le contraire de la division. Ce n’est pas le contraire de la différence. La différence est heureuse, quand elle s’accompagne de l’amour et non de la haine. C’est l’amour qui réalise l’unité, et l’amour vrai ne dévore pas l’autre, mais lui permet au contraire de s’épanouir dans son originalité unique.

 

Dieu est un. Et parce qu’il y a un seul Dieu et Père de tous, nous pouvons vivre unis. Il y a un seul baptême parce qu’il révèle en nous l’image du seul Dieu, Dieu d’amour.

 

Jérémie le prophète écrit :

« De loin le SEIGNEUR m’est apparu : Je t’aime d’un amour éternel ; c’est pourquoi je te conserve ma fidélité. » (Jérémie 31,3).

Nous savons combien l’amour des parents est fondamental pour construire l’enfant et l’homme ou la femme qu’il ou elle deviendra. Eh bien, l’amour de Dieu est tout aussi vital, amour de Père qui nous fonde dans notre identité, qui nous reconnaît, qui dit que nous existons et que nous avons de la valeur à ses yeux, qui nous promet qu’il sera toujours là si nous avons besoin de lui. Il nous appelle par notre nom.

 

 

« Je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi ! […] Du fait que tu as du prix à mes yeux, du fait que tu es glorifié et que je t’aime, je donne des hommes à ta place et des peuples pour ta vie. N’aie pas peur, car je suis avec toi » (Ésaïe 43,1.4-5).

Voici pour moi le sens du baptême : c’est cette parole de Dieu posée sur chacune et chacun de nous. Il nous parle en tu. Il sera fidèle. Il nous bénit pour toute notre vie. Ce n’est pas nous qui parlons, c’est lui. Et ses paroles ont du poids, elles agissent, elles créent ce qu’elles disent.

Un fruit donné

Le fruit de l’Esprit est donné au singulier, comme pour montrer encore cette unité. Tous ces dons ne sont pas séparés et indépendants les uns des autres, mais liés entre eux, en harmonie, et produits par l’unique Esprit.

 

Nous retrouvons des mots en commun entre la lettre aux Galates et la lettre aux Éphésiens : amour, paix, patience, foi, douceur. Si tout cela est donné, alors nous avons vraiment une vie nouvelle, heureuse et merveilleuse. Tout est changé par l’Esprit saint.

 

Et puis, pourquoi parler de fruit, et pas simplement de qualités ou de dons ? La poésie du fruit, et sa beauté, c’est qu’il ne vient pas de nous-mêmes. Pour obtenir un fruit, il faut semer, arroser, patienter, laisser les racines se développer secrètement dans la terre, laisser agir la pluie et le soleil, regarder naître les bourgeons, grandir les feuilles et éclore les fleurs. Il y a bien quelque chose à faire de notre part – et encore, il existe des arbres fruitiers sauvages sur lesquels il n’y a qu’à cueillir quand la saison est mûre. Et même pour le jardinier, l’essentiel vient de la terre, du ciel, de l’eau et de la lumière ; c’est un don de Dieu.

 

Ce qui est semé et arrosé au baptême, c’est Dieu qui va le faire grandir. Mystérieusement, un fruit est promis, sans que nous puissions prévoir ou savoir ou comprendre exactement comment. Attendre ce fruit nous apprend la confiance et l’espérance. Avec le temps, nous serons enracinés en Christ.

 

Le fruit est lui-même patience et foi, et donc toute cette attente n’est pas inutile, c’est un temps de maturation, de mûrissement. Que vos enfants grandissent en taille et en sagesse, et que Dieu soit avec eux. C’est peut-être ça, le sens du baptême : demander et recevoir la promesse que Dieu sera avec eux, et les accompagnera tout au long de leur vie.

 

Aujourd’hui il semble que de plus en plus le baptême d’adulte attire, en mettant l’accent sur le choix libre et personnel de suivre le Christ, et sur l’affirmation de la foi.

 

Oui le baptême d’adulte est une belle chose ; et je crois que le baptême d’enfant raconte un message différent, mais au moins aussi beau. Il parle de la grâce de Dieu pour nous ; elle est toujours première. Tout ne commence pas quand nous pouvons professer notre foi. Tout commence bien avant, dès le ventre de la mère, par un regard d’amour de notre Père du ciel qui nous a créés. Le baptême de grâce exprime cet amour inconditionnel. Le Père éternel, notre créateur, nous reconnaît comme ses enfants ; c’est une parole puissante de vie.

 

Je crois que dès avant notre naissance, nous avons une vie spirituelle. Il est beau de consacrer une jeune vie sous le regard du Seigneur et sa bénédiction. C’est une grande force qui est donnée. Et nul n’est trop petit pour être aimé par Dieu. Et nul n’est assez grand pour avoir fini de comprendre vraiment qui est Dieu et ce que signifie la foi. Même à l’âge de raison, même à l’âge adulte, nous sommes encore balbutiants devant l’immensité infinie de Dieu. Nous pouvons juste dire oui, comme un enfant.

 

Aujourd’hui, symboliquement et réellement, spirituellement une promesse est semée. Et tout est possible, c’est un potentiel immense. Bien sûr, il est possible que vos enfants à un moment de leur vie cessent de croire. C’est le risque que prend le semeur. Mais la semence est-elle gâchée, perdue ? Parfois elle sommeille, puis elle se réveille quand on ne l’attend pas. Il est possible aussi qu’après avoir questionné la foi jusqu’au doute, ils soient saisis d’une façon nouvelle, authentique et plus solide encore, en découvrant à nouveau le Seigneur. Il est possible que ce baptême marque une étape fondatrice dans toute une vie de foi, de lumière.

 

Et je le crois. Dieu notre Père promet de donner son Esprit saint à ceux qui le demandent. Il nous annonce un fruit d’amour, joie, paix. Et ce fruit si attirant pour les yeux, le goût, et séduisant pour l’intelligence, n’est pas un fruit défendu. Dieu nous nourrit de bons fruits. Et il nous permet aussi d’en donner à tous ceux qui nous entourent, et de partager avec eux l’amour, la joie, la paix, la douceur. Et nous savourons la caresse de la brise sur la peau, qui porte un parfum de paradis. Tel est l’Esprit qui souffle, et nous emporte où il veut (Jean 3,8).

 

L’Esprit agit en nous.

« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ; ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » (Galates 2,20).

 

Ainsi ce n’est pas notre fruit, mais le fruit de l’Esprit.

« Que le Christ habite dans votre cœur par la foi et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour » (Éphésiens 3,17).

 

***

Il nous ouvre une espérance. Laquelle ? C’est un avenir, c’est toute la vie, et la vie éternelle. Le Royaume de Dieu est à nous dès ce jour. Nous entrons dans sa présence, il est en nous et nous en lui, et nous sommes un. Il sera notre Dieu, et nous serons son peuple. Alors je vous dévoile sa promesse. Une espérance d’unité, de paix, d’amour, de force intérieure (aussi appelée la maîtrise de soi), de croissance, de douceur, et une grande joie. Tel est le don de Dieu pour nous.

Amen !

Contact