La parole à la femme (Marc 7,28-30)
Pourquoi la réponse de la femme est-elle remarquable ? Elle a cette humilité de s’identifier aux petits chiens, ce qui prouve qu’elle est véritablement enfant de Dieu.
La femme ne réclame pas les droits de l’homme et du citoyen, ni même l’universalité des droits humains ; elle réclame les droits des animaux, les droits des petits chiens à se nourrir des miettes. Les miettes du Christ suffisent à nous faire vivre.
Et disant « Oui Seigneur » (Matthieu 15,27, et certains manuscrits de Marc 7,28), la femme a eu l’audace d’habilement contredire Jésus, en communication non-violente et auto-dérision, et d’avoir raison. Car avec lui elle est en vrai dialogue, entre un « je » et un « tu ». Prier, c’est parler à Dieu, avec cette même liberté de refuser ce qui nous choque, de crier l’injustice. À Dieu, nous pouvons tout dire.
La foi de cette femme, c’est d’avoir dit malgré tout : « Oui Seigneur ». Elle aurait pu répondre à l’injure qui faisait d’elle un chien : « Non mais, qui es-tu pour m’imposer ça ? Vous êtes bien tous les mêmes ! » Or elle a eu confiance en Jésus, confiance en son amour, en sa capacité à entendre ce qu’elle dirait. Elle croit à la réconciliation future ; elle croit que Jésus ne restera pas en conflit avec elle. Quelle sagesse, de s’opposer en disant oui ! Et alors, au oui de la femme libanaise, Jésus répond en substance à sont tour par un oui. Au lieu d’un combat de non, c’est une unité de oui.
Dieu notre Père, s’il te plaît, donne à notre terre l’unité, le dialogue, l’auto-dérision, la non-violence, la paix.
La femme fait entendre une voix singulière, celle de l’évangile de la grâce pour tous. Le pain est offert aux chiens, le Christ est donné pour les impurs. Les chiens sont invités à la table de communion.
Il n’y a plus de chiens, nous sommes tous des enfants.
« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus mâle et femelle ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » (Galates 3,28).
Le démon est chassé, il n’y a plus de souffle impur. La fille n’était pas une psychopathe sans espoir, mais la fille bien-aimée de cette mère en espérance de délivrance.