L'élan de l'Esprit saint
Pour résister et passer l’épreuve, Jésus a une arme secrète : la parole de Dieu. Elle met à nu les mensonges et contredit le diable. Elle illumine et donne la lucidité. Elle habite Jésus et lui donne les moyens de répondre à cette voix intérieure sournoise, rusée, fausse.
Il s’appuie sur cette parole. Il vit réellement le verset : « La Parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur » (Romains 10,8). Et ainsi il ne craint rien, il sort vainqueur. « Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Romains 10,13).
Ainsi la tentation par le diable devient pour Jésus un temps positif de formation. Il prend conscience de lui-même ; il se découvre de manière existentielle ; il affirme sa foi en Dieu ; il choisit ses valeurs, et décide de rejeter le désir de domination.
Jésus arrive du Jourdain au désert, porté par la parole du ciel qu’il vient de recevoir à son baptême : « Tu es mon Fils bien-aimé ; c’est en toi que j’ai pris plaisir. » (Luc 3,22). Et Luc fonde encore dans la généalogie de Jésus son identité de fils de Dieu. Il sait qui il est, enveloppé de l’amour du Père créateur, et uni à lui.
Au baptême, l’Esprit saint est descendu sur lui, et dans le même élan, Luc insiste et ne craint pas de le répéter : « Jésus, rempli d’Esprit saint, revint du Jourdain et fut conduit par l’Esprit au désert. »
Ce qui apparemment était l’œuvre du diable, se révèle totalement mené et guidé par Dieu. Par le Père et par l’Esprit saint présent en lui, Jésus est invulnérable. Même quand il est malmené par la vie ou des dans circonstances extrêmes, après quarante jours sans manger dans le désert, il demeure en Dieu.
Au déluge, il pleut quarante jours et quarante nuits (Genèse 7,12) ; et au bout de quarante jours, Noé ouvre la fenêtre (Genèse 8,6). Au mont Sinaï, écrivant les paroles de l’alliance, « Moïse resta là, avec le SEIGNEUR, quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea rien, il ne but rien. » (Exode 34,28). Élie désespéré a reçu la visite de l’ange du Seigneur : « Il se leva, mangea et but ; avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb. » (1 Rois 19,8).
Nous entrons dans le temps du Carême. L’objectif n’est pas un jeûne ou un régime, cela peut être un moyen mais en toute liberté. L’objectif est d’être refondé en Dieu, empli de l’Esprit saint, et de recevoir la force et l’élan spirituel pour traverser tous les déserts de nos vies, tous les temps de famines, tous les pièges et toutes les épreuves. Dieu par sa parole est tout près de nous.
Amen.
