Faire la fête
Alors ce texte est une vraie invitation à la fête. Une fête, non parce que nous ne verrions pas la mort, mais parce que nous voyons plus loin que la mort. La fête est un moment de joie, de liberté, d’un grain de folie. Et elle reste en même temps sérieuse et grave, elle ne devient pas n’importe quoi comme une orgie. C’est simplement une réjouissance populaire.
Les branchages, les feuillages, les rameaux font référence à une pratique en Israël pour la fête de la dédicace ou de la purification du temple, c’est-à-dire hanoukka. Le temple, après avoir été souillé par des idoles, est inauguré et consacré à nouveau. La fête est décrite dans le second livre des Maccabées :
« Ce fut le jour même où le Temple avait été profané par des étrangers que tomba aussi le jour de la purification du Temple, le vingt-cinq du même mois, qui est Kislew. Ils célébrèrent avec allégresse les huit jours à la manière des Tentes, se souvenant comment, il y a peu de temps, ils avaient passé les jours de la fête des Tentes en gîtant dans les montagnes et dans les grottes à la façon des bêtes sauvages. C’est pourquoi, portant des thyrses, des rameaux verts et des palmes, ils firent monter des hymnes vers celui qui avait mené à bien la purification de son lieu saint. Ils décrétèrent par un édit public, confirmé par un vote, à l’adresse de toute la nation des Juifs, que chaque année ces jours seraient célébrés. » (2 Maccabées 10,5-8).
Chez Matthieu, l’entrée de Jésus à Jérusalem est suivie de la purification du temple. Arrivé à Jérusalem, c’est au temple que Jésus va ; et il en chasse les marchands. Alors les enfants crient dans le temple : « Hosanna au fils de David ! » Ainsi ces deux épisodes forment une unité.
Cette fête des rameaux est comme la fête de la purification du temple.
Or nous sommes le temple de Dieu. Le Messie nous purifie de toute idole ou souillure. Il nous donne la joie. Il ouvre nos lèvres pour un sacrifice de louange et d’adoration : « Béni est celui qui vient au nom du Seigneur. »
Jésus nous appelle à la joie, à la fête, à la louange, même quand plane la menace de la mort. Car il règne au-dessus de toute peur, de toute angoisse, au-dessus de la mort elle-même. Ainsi la présence du danger n’entame pas la joie de la fête pour le Seigneur.
Nous pouvons nous laisser atteindre par les bruits de guerre, le changement climatique et l’avenir incertain de l’humanité sur la planète. Ou nous pouvons garder les yeux sur Jésus, et l’acclamer avec cette joie et cette confiance qu’il est vraiment Seigneur et roi, souverain et protecteur.
Comme toute la cité, laissons-nous bouleverser par l’arrivée de Jésus, laissons-le entrer en nous et nous mettre en émoi, nous remuer comme un tremblement de terre. Et il nous emporte dans sa joie, dans l’espérance qu’il est le sauveur qui vient.