Nous sommes talentueux (Matthieu 25,14-30)

Prédication du culte consistorial d'accueil de proposanat le dimanche 19 novembre 2023

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    Quels talents !

    Pour moi l’appel à devenir pasteur, c’est une invitation de Dieu à mettre mes talents à son service. Et Dieu s’adresse à nous tous, puisque nous sommes tous ses prêtres, ses serviteurs, ses enfants, ses prophètes, ses princes et ses princesses. Il nous confie ses biens, sa terre, son Église. Il nous ouvre son royaume et nous fait régner avec lui.

     

    En Apocalypse 20, nous pouvons entendre :

    « Heureux et saint qui a part à la première résurrection ! Sur ceux-là la seconde mort n’a pas de pouvoir, mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui pendant les mille ans. »

     

    L’être humain n’a pas toujours foi en Dieu, mais Dieu a foi en nous. Dieu le premier nous fait confiance. Il nous propose une alliance. À nous de lui faire confiance en retour.

     

    La parabole des talents est une parabole sur la confiance et l’espérance.

     

    Magnifique mot de talent, qui en grec est une monnaie valant 6 000 deniers, 6 000 pièces d’argent, 6 000 fois le salaire d’une journée d’un ouvrier agricole, c’est-à-dire près de 20 années de travail. Un talent, c’est un lingot, c’est un million, c’est une somme fabuleuse. Et puis en français le mot talent a acquis un deuxième sens grâce à cette parabole : un talent c’est un don, c’est une qualité, un savoir-faire, une compétence d’excellence.

     

    Nous sommes créés par Dieu, nous sommes donc talentueux.

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      Vie d'Église

      L’Église de nos rêves

      En septembre, l’Église du Puy a organisé sa journée de rentrée autour de l’intitulé « l’Église de nos rêves ». Nous voulions savoir quels étaient nos souhaits pour notre Église, la vision que Dieu nous faisait entrevoir, les idées que son Esprit nous inspirait. Nous avons recensé les talents de chacune et de chacun pour notre Église.

       

      Une équipe s’est mise en place pour suivre tous les projets que nous avons esquissés, et c’est une grande mission.

       

      Relève 2024

      Nous avons besoin de gens qui s’engagent, dans le conseil presbytéral et en dehors du conseil presbytéral.

       

      Nous pensons en particulier au renouvellement des conseils presbytéraux en mars 2024. Nous recherchons des candidats, et nous vous invitons à y penser. Nous avons besoin de profils variés, pour que le CP représente la diversité de notre Église. Les compétences techniques ne sont pas les seules ni les plus importantes : une personne peut beaucoup apporter par l’effet apaisant de sa présence, par ses qualités relationnelles, par la profondeur de sa foi.

       

      Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. Dieu crée en nous le désir et la joie de le servir, il nous offre une place qui nous correspond, car il nous connaît. Chacun chacune nous avons des talents spécifiques, pour une mission personnalisée, pensée par Dieu juste pour nous.

       

      Il ne s’agit pas de s’imposer une charge lourde, pesante, génératrice d’angoisse, le poids des responsabilités, la peur de ne pas être à la hauteur ou de manquer de temps. Jésus nous offre un fardeau léger, aérien, réjouissant. Et c’est dans cette joie que notre mission est bien accomplie.

       

      Mission de créativité

      Le week-end dernier, quelques-uns d’entre nous étions au synode régional, sur le thème de la mission de l’Église et des ministères. Je retiens en particulier l’idée de libérer la créativité dans l’Église, autrement dit, permettre à tous les talents de s’exprimer.

       

      Notre président du Conseil régional, le pasteur Robin Sautter, a dit dans son discours au synode, je cite :

      « ce que je souhaite à notre synode c’est qu’il soit tout particulièrement animé du souffle de la créativité […]. De la créativité il en faut aussi pour nos cultes. […] je crois que la liturgie peut être un support pour faire briller la lumière de l’Évangile et résonner la parole du Christ. Nous avons besoin de beauté, de silence et de simplicité. De la créativité enfin, il en sera question dans ce synode, pour parler de la nouvelle forme que pourraient prendre les ministères dans notre Église. »

      Fin de citation.

       

      Notre Dieu est créateur, donc notre Dieu est créatif.

      Vous avez des passions, vivez-les en Église, partagez-les !

       

      Car oui, c’est passionnant de suivre le Christ, c’est une immense joie ! Il ne faut pas que cette joie soit oubliée, perdue, étouffée ! La lampe ne doit pas être mise sous le boisseau ! Les sept chandeliers sont les sept Églises ! (Apocalypse 1,20). La lumière doit éclairer, rayonner, se propager. Nous sommes la lumière du monde (Matthieu 5,14-15). Dieu nous donne une joie extraordinaire à partager.

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        Sortir de terre

        Joie de vivre

        Les deux premiers serviteurs font l’expérience de cette joie, quand leur seigneur leur dit : « Entre dans la joie de ton seigneur. » Ne passons pas trop vite sur les exemples réussis. Deux fois sur trois, l’expérience est très positive. Ne nous focalisons pas tout de suite sur les problèmes du troisième serviteur. Si vite, nous nous arrêtons sur nos appréhensions et nos inquiétudes, pour nous et pour l’Église. Souvenons-nous de tout ce qui a bien marché, de tout ce qui nous donne tant de joie. Merci Seigneur pour toute cette joie, pour tout ce qui a porté du fruit, fructifié, qui a doublé ce que nous avions apporté, tout ce qui s’est démultiplié, qui a grandi comme un arbre, qui a donné une récolte au centuple.

         

        Enterré confiné

        Et puis il y a le troisième serviteur, qui colore d’une certaine ombre le tableau, jusqu’aux ténèbres évoquées à la fin. D’abord en rhétorique comme en peinture, le contraste produit un effet plus saisissant, et aide à faire passer le message. C’est comme le sel – ou le café. Ça nous réveille, ça nous stimule, ça nous évite de nous endormir. Oui l’enjeu est grave, et n’est pas à prendre à la légère.

         

        Quel est le risque illustré par cet esclave ? Qu’est-ce qui lui est reproché ? Ce n’est pas son incompétence, mais son manque de confiance et d’espérance. Autrement dit son manque de foi.

         

        Il ne manquait pas de talent. Il avait un seul talent, mais c’était suffisant. Il était millionnaire. Nous aussi nous sommes millionnaires des talents divins, de l’amour du Père, qui vaut plus que l’or.

         

        Son seigneur ne lui demandait pas d’accomplir des œuvres extraordinaires, ni de travailler jour et nuit. Il demandait simplement de confier le talent aux banquiers, au lieu de le cacher dans la terre. Dieu nous demande le possible, et c’est lui qui fait l’impossible.

         

        Enfouir son talent dans la terre, signifie se replier sur soi. Et cette tentation peut nous guetter, particulièrement avec les habitudes héritées du confinement. Et l’hiver arrivant, nous avons peut-être envie de nous calfeutrer chez nous devant un écran de télévision ou d’ordinateur.

         

        Beaucoup d’associations connaissent encore aujourd’hui une participation plus faible qu’avant le Covid. Il y a des cas pathologiques où les gens ne sortent plus de chez eux. Et ils vivent dans un univers virtuel, à distance de l’autre. L’univers virtuel, ce n’est pas d’abord vivre dans un monde parallèle qui s’appellerait le multivers. C’est beaucoup plus simplement se divertir, s’évader hors du quotidien dans des films et des séries, des jeux vidéos, imaginaires et assez loin de la réalité de la vie.

         

        Et ce sont des bonnes choses, mais n’en devenons pas esclaves ! Évitons de nous enterrer dans une pièce sans voir le soleil, sans voir des gens. Évitons de nous enfermer peu à peu dans la solitude, dans l’isolement qui touche tant de monde. En ville, souvent nous ne connaissons même plus nos voisins.

         

        Ne nous enterrons pas encore, puisque nous sommes vivants ! Dieu appelle le serviteur à ne pas avoir peur, à oser, à avoir confiance, à vivre ! Et même dans l’Église nous sombrons parfois dans la dépression : Oh, on n’a plus de jeunes, on est moins nombreux, à quoi bon ? Mais Dieu nous dit qu’il faut y croire, croire en lui et en l’avenir qu’il nous donne. Et oser simplement faire ce premier acte de foi, qui est de mettre à disposition nos talents. Choisir d’espérer au lieu de désespérer.

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          Vers le ciel du trapéziste

          Et confier l’argent aux banquiers. Qu’est-ce que cela veut dire ? Jésus serait-il soudain devenu un adepte du grand capital ? Le mot traduit par banquier se dit en grec trapézitês, j’aurais envie de dire trapéziste, en référence aux tables à quatre pieds où l’on changeait l’argent (de même les trapèzes ont quatre côtés). Jésus a par ailleurs renversé les tables des changeurs et des marchands du temple, donc la morale de l’histoire n’a sûrement pas grand-chose à voir avec un éloge de la finance. Mais Dieu nous encourage à prêter nos dons, à les échanger, à les faire circuler, pour qu’ils passent à d’autres et à d’autres encore. La joie, l’amour, la grâce de l’évangile ont la propriété étonnante de pouvoir se partager sans se diviser, et au contraire de se multiplier par le partage. C’est la nouvelle économie du Royaume.

           

          Et la table, c’est aussi la table de la tente de la rencontre, où sont présentées les offrandes à Dieu. La table avec le pain, devant la face de Dieu, constamment (Exode 25,23-30). Nous pouvons remettre nos talents sur la table de Dieu, et c’est lui qui fait le reste du travail pour les faire fructifier.

           

          Quand nous nous cachons sur la terre, Dieu nous élève vers le ciel. Audacieux et aériens comme le trapéziste, nous volons car il nous donne des ailes.

           

          Et quand malgré tout nous nous sentons comme un esclave inutile, souvenons-nous que Jésus lui-même a pris la condition de serviteur. L’esclave inutile, c’est lui, il a pris notre place. Dans les deux chapitres qui suivent, Jésus souffre sa passion jusqu’à la mort, et alors les ténèbres descendent sur toute la terre. Jésus est là, au cœur de nos ténèbres. Il sauve l’esclave inutile, il nous sauve, pourvu que nous fassions ce petit geste de foi, de croire qu’il n’est pas un seigneur dur et cruel, qu’il ne va pas nous laisser mourir, de croire qu’il nous aime. Alors nous pouvons sortir de notre enterrement, ressusciter avec notre talent retrouvé, et croquer la vie à pleines dents, dans sa joie, au lieu de connaître les grincements de dents parce que nous n’avons rien voulu goûter du régal qu’il a préparé. Seigneur, donne-nous de te connaître, donne-nous de savourer la confiance, l’espérance et la joie.

           

          Amen.

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