Nous avons tout (Matthieu 14,13-21 et Ésaïe 55,1-3)

Prédication du dimanche 2 août 2026

Voilà une expérience de la générosité de Dieu, de l’abondance de ses dons. Même dans le désert, Dieu pourvoit à tous nos besoins. Et son action est immense. 5000 hommes, et Matthieu pense aussi à mentionner « les femmes et les enfants ». Car il faut les compter, même s’ils deviennent innombrables. Ce sont donc au moins 20 000 personnes qui ont mangé. La foule était équivalente à la population du Puy !

 

« Ils n’ont pas besoin de partir », dit Jésus. Car il prend soin de tous, quel que soit leur nombre, et comble les besoins autant spirituels que concrets.

 

Car le pain a ce double sens : une nourriture spirituelle, et aussi une nourriture tout à fait concrète de la vie.

Nourriture spirituelle

Premièrement, le pain spirituel. Jésus dans le désert avait cité Deutéronome 3,8 :

« L’être humain ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4,4).

 

Ce pain que les foules attendent et désirent, c’est Jésus. Jésus bénit, rompt les pains et les donne ; il célèbre la Sainte Cène.

 

Les foules viennent avec leur pauvreté, leur manque ; elles n’ont que cinq pains et deux poissons. Et Jésus les comble.

Besoin de soins

Et en même temps, deuxièmement, c’est aussi un pain matériel. En effet, ici il n’est pas dit que Jésus enseignait la foule. En revanche, il guérissait les malades. Matthieu présente ici Jésus non comme un penseur qui apporte une nourriture intellectuelle, mais comme un médecin qui soigne.

 

Car tout part de cette émotion de Jésus, saisi aux entrailles devant la foule. Il y a des besoins de base à assurer, Jésus ne peut pas y rester indifférent. Il agit.

 

Il prend soin des gens, c’est tout à fait concret. Cela implique de leur parler individuellement, de leur poser des questions, d’entrer en dialogue. Ce n’est pas les assommer d’un long discours. C’est peut-être les toucher, se baisser, leur prendre la main, assurément les regarder. Aimer c’est aussi payer de sa personne.

 

Jésus apparemment avait prévu de prendre un peu de temps à l’écart, en privé, seul ou juste avec ses amis et disciples les plus intimes. En effet, on vient de lui annoncer la mort de Jean Baptiste. Jésus porte donc la tristesse du deuil et de la perte d’un cousin, d’un grand frère dans le témoignage et le martyre. Mais il le porte dans le secret, avec une grande pudeur.

 

Nous comprenons donc son besoin de solitude, de repos, de ressourcement, de prière. D’où le lac et le lieu désert.

 

Mais la foule le suit. Il est beau de suivre Jésus, et même de le poursuivre. Jésus accepte donc de se laisser déranger par l’autre, l’autre qui souffre. Il prend soin et guérit.

 

Et quand il a fait cela jusqu’au soir, les disciples sont probablement lassés. Ils se disent que maintenant, la foule peut se débrouiller pour se chercher à manger. Or Jésus n’arrête pas ; il n’est pas pressé de finir sa journée. Il accepte de la prolonger sans compter son temps, pour prendre soin jusqu’au bout de tous les besoins des gens.

 

Même pour un besoin ordinaire comme celui de manger, Jésus intervient. Et c’est beau que la vie spirituelle et la vie matérielle ne s’opposent pas.

Donnez !

Nous pouvons être cette foule qui a faim de tout ce que Jésus peut lui donner, et qui ne veut jamais le quitter. Nous pouvons aussi être ces disciples qui aident Jésus à nourrir la foule. Il donne aux disciples, et les disciples aux foules.

 

C’est un défi que leur lance Jésus : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Et qu’aurions-nous répondu à leur place ? Sans doute un peu comme eux : « Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons. » Sous-entendu : nous ne pouvons pas. Nous ne sommes pas capables. Nous n’avons pas assez.

 

« Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. » Voilà que Jésus s’engage dans la solidarité, et 5 000 hommes le poursuivent pour être guéris et pour recevoir un quignon de pain et un morceau de poisson.

 

Oui les besoins des humains sont infinis, insatiables.

 

Même en France au 21e siècle, avec un excellent système de santé, avec des boulangeries délicieuses et une alimentation infiniment plus riche et diversifiée, beaucoup préfèrent dire : « Renvoyez dans leur pays tous ces gens qui n’ont rien à faire ici ; et qu’ils payent, s’ils veulent manger. Nous n’avons pas assez pour les aider. »

 

Mais Jésus n’attend pas d’avoir assez pour bénir le Seigneur et pour donner ce qu’il a. Nous n’avons pas assez ; tant pis, on le fait quand même, ensemble, dans l’espérance. Et voici l’étonnement, la merveille, le miracle : finalement il y a plus qu’assez. Il reste douze paniers de morceaux de pain, un pour chacun des douze apôtres, un pour chaque tribu d’Israël. Nous avons assez pour tout le peuple, et pour le monde entier.

 

« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », « notre pain substantiel » (Matthieu 6,11). Jésus exauce notre prière. Il donne et invite à donner.

 

Il ordonne : « Apportez-les moi ici. » Nous avons ce que nous avons, et même quand nous aimerions avoir plus, nous n’avons pas rien. Nous pouvons apporter à Jésus le peu que nous avons. Et il en fera mille fois plus. Il multipliera l’effet de notre don.

 

Si seulement nous lui faisons confiance, il fera des choses extraordinaires.

 

Ne nous inquiétons de rien. Il transforme le désert en oasis. Il nous fait découvrir que dans ce lieu désert une herbe a poussé où nous pouvons nous asseoir pour pique-niquer.

 

Il rappelle les actions de Dieu, qui a donné le pain du ciel à son peuple au désert, la manne. Il rappelle aussi les prophètes comme Élisée dont Jésus reproduit l’acte :

« Élisée dit : Donne à ces gens, et qu’ils mangent ; car ainsi parle le Seigneur : On mangera et on en aura de reste. » (2 Rois 4,43).

 

Jésus lui-même a dit sur la montagne :

« Ne vous inquiétez donc pas, en disant : ‟Qu’allons-nous manger ?” Ou bien : ‟Qu’allons-nous boire ?” […] car votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le règne de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Matthieu 6,31-33).

 

Nous avons un Dieu qui donne.

 

Pour le vivre, il faut de la foi. Si facilement nous pouvons être préoccupés par des questions matérielles, par des sujets d’argent. Bien sûr, il faut agir de façon prévoyante et responsable. Mais que cela ne prenne pas plus de place.

 

Parfois il m’arrive de me sentir malheureux d’avoir perdu de l’argent, ou mal dépensé, ou de m’inquiéter de savoir si j’aurai assez pour vivre avec plus d’aisance et de confort, ou je regarde ce qu’ont les autres et ça me fait envie. Et pourtant je suis tout à fait à l’aise, c’est absurde. Alors que Dieu nous donne cette liberté, cette insouciance, cette capacité de penser à des réalités plus joyeuses que des chiffres sur un compte en banque.

 

Et que nous puissions faire confiance à Dieu aussi pour notre vie concrète, la santé, la nourriture et tous nos besoins matériels. Que nous puissions en être libres au point de savoir être généreux, économes peut-être, mais sans devenir avares. Seigneur, donne-nous tes dons, et apprends-nous à donner aussi aux autres à notre tour. Apprends-nous à ressentir de l’amour pour tous ceux qui sont en détresse, et à prendre soin de chacun, en t’apportant simplement les petites ressources que nous avons.

 

Viens nous toucher, nous rejoindre, nous atteindre, nous blesser, nous guérir, nous nourrir et nous transformer.

 

Comme dit Paul aux Thessaloniciens :

« Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses. » (1 Thessaloniciens 5,16-18).

 

Nous avons un trésor, une perle de grand prix. Ésaïe dit :

« Holà ! vous tous qui avez soif ! Venez vers l’eau, même celui qui n’a pas d’argent ! »

L’Apocalypse continue :

« Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne de l’eau de la vie, gratuitement ! » (Apocalypse 22,17).

Jésus, tu es la source et la fontaine de la vie, la nourriture céleste ; en toi nous avons tout ce qu’il nous faut. « Je ne manquerai de rien. » (Psaume 23,1).

 

***

Tout est don, tout est grâce. Apprenons à vivre encore plus de sa grâce. Jésus veut nous guérir. Demandez et vous recevrez. Nous allons prier pour des guérisons.

 

Seigneur, nous avons besoin de toi. Tu vois nos détresses, les maladies physiques et les faiblesses spirituelles. Guéris-nous. Rassasie-nous de toi, de ta bonté chaque matin. Nous désirons voir ta gloire, au nom de Jésus.

 

Alléluia !

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