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Sur la terre comme au ciel (Matthieu 6,10)
Prédication du vendredi 17 juillet 2026 à Gagnières (Gard)
« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! » Ou plutôt, « Que ton désir arrive, comme en ciel, aussi sur terre ! »
La volonté de Dieu, c’est aussi le désir de Dieu, son rêve pour nous. Que son désir se réalise !
Dieu espère. Et toute la terre attend avec lui. « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. » (Romains 8,19). Les fils de Dieu, c’est nous. Nous sommes l’espérance pour la terre.
Alors puisque c’est d’abord le ciel, ensuite la terre, je vais parler en premier du ciel, et en second de la terre.
Le ciel, qu’est-ce que c’est ? C’est une image, bien sûr. Mais nous connaissons ici à Gagnières la force des images pour rendre plus concrète une vérité spirituelle. Jésus utilisait beaucoup d’images, qu’il appelait des paraboles. Une parabole, c’est une comparaison. « Comme au ciel ».
Le ciel, nous le voyons, bleu azur. Les oiseaux peuplent le ciel, ainsi que le soleil, la lune et les étoiles. Le ciel c’est beau, c’est grand, c’est d’une dimension presque inimaginable, presque infinie.
C’est donc une belle image de la demeure de Dieu.
Le roi Salomon prie à l’inauguration du temple, et il dit :
« Mais Dieu habiterait-il vraiment sur la terre ? Le ciel et le ciel du ciel ne peuvent te contenir : combien moins cette maison que j’ai bâtie ! » (1 Rois 8,27).
Je vais citer aussi Thérèse d’Avila, parce qu’on a le droit de citer même une docteure de l’Église catholique. Thérèse d’Avila a dit : « Où Dieu est, là est le ciel. »1
Car le ciel reste mystérieux, mais c’est simplement la présence de Dieu. Si Dieu habite en ton cœur, alors ton cœur, c’est le ciel. Si Dieu demeure sous la tente à Gagnières, alors là nous sommes au ciel. Si Dieu habite dans ta maison, alors ta maison devient le ciel. Voilà le ciel.
Alors notre grande prière, c’est que le ciel vienne sur la terre. C’est notre désir et notre attente. Ésaïe 63,19 :
« Si seulement tu déchirais le ciel, si tu descendais »… !
Et voici que cette prière est exaucée. Nous avons entendu hier que Jésus dit à Nathanaël :
« vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme. » (Jean 1,51).
Il parlait à Nathanaël, pourtant il passe du tu au vous, du singulier au pluriel. Donc ce n’est pas seulement pour Nathanaël, mais pour nous tous.
Au baptême de Jésus, selon Matthieu et Luc, le ciel s’ouvre, c’est accompli. Et Marc écrit : « il vit les cieux se déchirer », « il a vu, déchirés, les cieux » (Marc 1,10) ; donc Dieu a déchiré le ciel. Il n’y a plus de séparation entre le ciel et la terre.
Et à la mort de Jésus, les trois premiers évangiles disent ensemble : « Et le voile du sanctuaire se déchira en deux, d’en haut jusqu’en bas » (Marc 15,38 ; Matthieu 27,51 ; cf. Lc 23,45). Il n’y a plus de séparation entre le lieu le plus sacré du temple, la demeure de Dieu, et toute la terre.
1 Corinthiens 3,16 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »
C’est fait, le ciel est sur la terre, la terre est comme le ciel, nous portons en nous le ciel.
Alors la terre est transformée.
La terre est un don de Dieu. Le Seigneur a dit à Abraham :
« Lève les yeux, je te prie, et regarde […] ; toute la terre que tu vois, je te la donnerai, à toi et à ta descendance, pour toujours. » (Genèse 13,14.15).
Et nous sommes la semence d’Abraham, sa descendance spirituelle, les enfants de la promesse (Galates 3,29 ; Romains 9,8). La terre nous est donnée.
Cette terre est annoncée à Moïse, au buisson ardent :
« Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et pour le faire monter de cette terre vers une terre belle et vastes, une terre ruisselante de lait et de miel » (Exode 3,8).
C’est un don, et c’est une prière. À chaque fois que nous disons le Notre Père (Matthieu 6,9-13), nous prions pour la terre, pour que le désir de Dieu y devienne réalité. Nous prions pour toutes les nations de la terre ; nous prions pour les plantes et les animaux et toute la création, pour tout le vivant, pour que la terre soit pleine de vie ! Nous prions pour que notre monde si terrestre ait la lumière du ciel.
Le Dieu créateur nous donne une espérance pour la terre. Ésaïe 65 (v. 17) :
« Car je crée un ciel nouveau et une terre nouvelle ».
Qu’il arrive sur la terre ce qui est déjà réalité au ciel ! Que la bonne nouvelle soit annoncée à toute la création ! Que nous devenions lumière du monde ! Que nous puissions déjà vivre et goûter le ciel sur la terre !
Amen !
1 Thérèse d’Avila, Le Château intérieur ; citée par Michael Edwards, De la perpétuelle étrangeté de la Bible, chapitre III, « Le ciel est ici », Presses Universitaires de France (2025), p. 71.