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Cueillir le jour (Matthieu 6,25-34)
Prédication du dimanche 4 octobre 2026
Voici un petit bijou de poésie, d’écologie, d’art de vivre et de sens du bonheur.
Ce qui m’étonne le plus, c’est qu’il date de 2000 ans et non seulement il n’a pas pris une ride, mais j’ai l’impression qu’il n’a jamais été aussi actuel. Il aurait pu être écrit aujourd’hui en réponse au stress moderne, à l’inquiétude pour l’avenir du monde, au désir de sobriété heureuse.
Je ne ferai pas une liste des sujets d’inquiétude. Vous ne les connaissez que trop bien. Et ce serait leur donner encore plus d’importance.
Il y a des bonnes nouvelles. Aujourd’hui peu d’entre nous s’inquiètent de savoir s’ils vont pouvoir manger ce soir, ou s’ils devront mettre en gage leur manteau. La pauvreté recule, des pays se développent. Nous pouvons nous réjouir de voir les pays émergents connaître une forte croissance, avant de les voir comme de dangereux rivaux : ils ne nous enlèvent rien. Nous pouvons cesser de nous réarmer et d’anticiper d’hypothétiques guerres du futur qui ne sont pas une fatalité. Nous pouvons louer Dieu pour la paix ici et dans la majorité des pays. La conscience écologique se répand, et nous avons entrepris de réorienter radicalement les modes de chauffage et l’isolation des logements, et d’inventer des voitures qui ne reposent plus sur l’essence et le gazole que nous avons utilisés pendant un siècle. Les centrales à charbon laissent la place à l’énergie éolienne et solaire désormais compétitive. Un nouveau modèle est possible, il existe déjà, et nous avons déjà parcouru du chemin.
Dieu a un avenir pour nous. Il y a des femmes et des hommes et des enfants pleins d’utopie et de courage, qui aiment les humains et toute la création. Ils sèment l’espérance et récoltent du fruit.
Jésus nous donne en exemple les oiseaux. Un appétit d’oiseau, cela suffit. Et l’oiseau du ciel, dans la Bible, est bien un être céleste, ailé, symboliquement proche de Dieu. C’est le corbeau et la colombe de Noé après le déluge, annonçant la fin de l’inondation, du cataclysme climatique (Genèse 8). Dieu fait alliance avec toute la création pour protéger la vie et donner l’alternance des saisons, et les récoltes.
Et les lis croissent au milieu des champs, nous dirions aujourd’hui l’entreprise : le champ c’est le lieu du travail, où il faut servir pour l’argent. Et, dans le champ, surgit l’inattendu du lis qui n’a pas été planté, qui est gratuit, inutile et absolument magnifique. La beauté est un don de Dieu. Pas besoin donc de cosmétiques, de changer sans cesse de vêtements au rythme de la mode qui tourne de plus en plus vite, prise de folie comme la planète du petit prince. Il suffit de s’asseoir et de regarder le lever du soleil. Pas besoin de jeter l’avant-dernière mode jetable et déjà démodée.
Au-delà de ne pas être esclaves du Mamon (Matthieu 6,24) de la consommation effrénée, Jésus nous apprend un art de vivre à l’école philosophique des animaux et des végétaux. Carpe diem, cueillir le jour, n’est-ce pas ce que dit Jésus ? Demain prendra soin de lui-même. Vivre aujourd’hui, sans anticiper les malheurs de demain ! Si nous nous orientons vers la fraternité, le scénario du pire n’aura pas lieu. Si nous cessons de nous consumer d’inquiétude, notre cœur battra paisiblement et longtemps. La sagesse de Jésus profite grandement à la santé physique et mentale !
Il invite à savourer les merveilles de Dieu, tout ce qu’il nous donne. Entrer dans la gratitude joyeuse. Répondre par l’émerveillement et la louange. C’est la clé du bonheur, et c’est si simple !
« Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, là où ni vers ni rouille ne détruisent et où les voleurs ne fracturent ni ne volent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6,20-21).
Pas de risque, pas besoin de payer une assurance sur les trésors du ciel, ils ne peuvent pas se perdre ou disparaître.
Notre trésor, c’est la foi, la grâce, la promesse de Dieu. Si nous sommes croyants, alors notre foi devrait nous donner une pleine confiance en notre Père d’amour. Les oiseaux ne croient pas en Dieu, pourtant ils ont cette légèreté insouciante qui appartient au ciel. Et nous qui sommes humains et disciples du Christ, pourquoi serions-nous moins heureux que les oiseaux qui chantent aux premiers rayons du soleil ? Si notre confiance en Dieu est réelle, alors les soucis, les inquiétudes, les angoisses ne devraient plus exister ! Jésus nous dévoile ce cadeau inestimable de Dieu : nous débarrasser de tout ce qui nous inquiète ! Seigneur, apprends-nous cette confiance fondée en toi, qui nous donne la joie d’aujourd’hui et l’espérance pour demain, en toutes circonstances !
Jésus parle ici du temps, et de la vie. Le temps d’aujourd’hui contre l’angoisse ultime de la mort : nous ne pouvons pas allonger la durée de notre vie, c’est aussi un don de Dieu. Si souvent le temps est notre ennemi, lui qui apporte vieillissement et oubli, et affaiblit notre santé. Mais le temps en Christ devient lui-même don de Dieu, donne-nous aujourd’hui le joie de ce jour donné. Chaque jour est une merveille de Dieu, une grâce. Nous sommes libres et légers comme l’air où volent les oiseaux.
Merci Seigneur ! Amen !
