Heureux les invités ! (Matthieu 22,1-14 et Ésaïe 25,6-10a)

Prédication du dimanche 11 octobre 2026

Dieu fête ses noces amoureuses

Dieu est amour ! Et sa relation avec nous est une fête, un festin de mariage ! La notion d’amour de Dieu et l’image de l’époux et de l’épouse se complètent et déclinent cette réalité concrète et magnifique du lien qui nous unit à notre Seigneur.

 

Dieu le Père organise les noces de son fils Jésus. Nous devenons ses enfants d’adoption, ses belles-filles. La mariée, c’est l’Église. Dieu est notre beau-père, notre père par alliance, parce qu’il a conclu alliance avec nous.

 

Ésaïe 25 parle de ce grand banquet. Et les repas se savourent avec gourmandise dans toute la Bible.

  • Tout commence par l’insatiable faim d’Ève et d’Adam devant le fruit délicieux que Dieu a fait pousser (Genèse 3).
  • Le mystérieux Melkisèdeq fait apporter à Abram du pain et du vin (Genèse 14).
  • Puis quand Abraham et Sara reçoivent trois visiteurs, trois messagers, trois anges, vite ils leur préparent à manger (Genèse 18).
  • Les Hébreux sortent d’Égypte après avoir partagé l’agneau pascal (Exode 12).
  • Dieu nourrit le peuple au désert avec la manne et les cailles (Exode 16).

Le sens premier des offrandes et des sacrifices n’est pas l’aspect monétaire ou sanglant, mais simplement le repas. Il préfigure le repas du Seigneur, le dîner de la Cène où Jésus fractionne et donne le pain avec le vin (Matthieu 26).

 

Ésaïe annonce un repas à venir, espérance ultime de tous les affamés. Des plats raffinés et des boissons à volonté, c’est l’image de l’abondance et de la joie. Tristesse et souffrance ne sont plus, ni mort ni larmes.

 

Cette espérance apparaît en Matthieu 25, dans une autre parabole du royaume des cieux :

« Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‟Voici le marié, sortez à sa rencontre !” » (Matthieu 25,6).

Nous attendons inlassablement la venue du marié, le Christ notre sauveur, au milieu de la noirceur où nous nous trouvons. Il arrivera et percera les ténèbres.

 

Ou encore en Matthieu 9 :

« Jésus leur répondit : Les amis du marié peuvent-ils être en deuil tant que le marié est avec eux ? » (Matthieu 9,15).

 

  • En Luc 22 : « Il leur dit : J’ai vivement désiré manger cette Pâque avec vous » (Luc 22,15).
  • Selon Jean, c’est le premier signe : « Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée. » (Jean 2,1). Le troisième jour, Christ est ressuscité, et nous avons vu sa gloire.
  • Et Jean Baptiste a la joie d’annoncer ces noces du ciel et de la terre : « Celui qui a la mariée, c’est le marié ; mais l’ami du marié qui se tient là et qui l’écoute éprouve une grande joie à entendre le marié ; cette joie, qui est la mienne, est donc complète. » (Jean 3,29).
  • En 2 Corinthiens 11 : « je vous ai fiancés à un seul homme, pour vous présenter au Christ comme une vierge pure. » (2 Corinthiens 11,2).
  • « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux seront une seule chair. Il y a là un grand mystère ; je dis, moi, qu’il se rapporte au Christ et à l’Église. » (Éphésiens 5,31-32).
  • Nous trouvons l’image de l’épouse, c’est-à-dire la mariée, dévoilée en Apocalypse 21 comme en couronnement de toute la Bible :

« Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, prête comme une mariée qui s’est parée pour son mari. […] Il me dit : Viens, je te montrerai la mariée, l’épouse de l’agneau. » (Apocalypse 21,2.9).

Autrement dit, l’Église se marie au Christ.

Tu es invité, toi aussi

À ces noces amoureuses de Dieu, nous sommes tous invités. Entendons-nous son appel ? Dieu nous attend, désire notre présence, nous convie personnellement au plus jour de sa vie comme de très chers amis.

 

Elle est là, la grâce infinie. Nous ne sommes pas invités chez le président de la République ou chez le pape, mais chez le Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

 

Ésaïe prophétise : « Dans cette montagne, il anéantira le voile qui voile tous les peuples, la couverture qui couvre toutes les nations. » (Ésaïe 25,7). Universalité inouïe du salut de Dieu ! Israël n’a plus de frontières ; même la terrible Babylone est appelée au Seigneur.

 

Et dans notre évangile, le roi dit : « Allez donc aux carrefours des chemins, et invitez aux noces tous ceux que vous trouverez. » Et tous ceux qui veulent viennent, « mauvais et bons ». C’est comme une Église en mission, qui sort jusqu’à ses marges et au-delà, pour s’ouvrir à tous, sans condition.

S’habiller du Christ

Se pose alors la question de savoir ce que nous faisons face à la quintessence de l’événement, la fête de l’amour, les noces divines, et la grâce pure pour tous. Car l’invitation appelle une réponse.

 

Elle appelle une conversion. Le père n’exige pas la perfection, il nous aime déjà alors que nous sommes mauvais, mais il ne se résigne pas à nous voir mauvais. Il voit en nous l’être que nous serons, à son image et à sa ressemblance, il souhaite et croit que nous deviendrons bons ! Car en lui nous naissons de nouveau, comme ses enfants véritables, nous sommes régénérés et nous devenons saints.

 

Car Dieu nous donne un vêtement de noces, un vêtement pour couvrir notre nudité. Être nu, c’est être vulnérable, parce qu’on voit toutes ses imperfections. Et nous aurions honte, si nous n’avions pas la certitude d’être aimés.

 

Voici le premier cadeau de Dieu, après qu’Ève et Adam ont mangé du fruit défendu :

« Le SEIGNEUR Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau, dont il les revêtit. » (Genèse 3,21).

Délicatesse admirable de Dieu, qui ne laisse pas l’être humain exposer à tous les regards la crudité de sa faute, mais couvre toutes les failles et les blessures. Le vêtement protège.

 

« Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu d’en haut jusqu’en bas. » (Jean 19,23).

Jésus, par sa mort, nous donne son vêtement parfait, et couvre tous nos péchés.

En clin d’œil au texte de dimanche dernier : « Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. » (Matthieu 6,25). C’est Dieu qui nous habille, un grand couturier encore plus habile que tous les lis des champs.

 

«  Car vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Galates 3,27). Nous revêtons « l’être humain neuf » (Éphésiens 4,24), « jeune, renouvelé » (Colossiens 3,10). « Ainsi donc, vous qui êtes choisis par Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’une tendresse magnanime, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. » (Colossiens 3,12).

 

Et enfin, c’est un vêtement blanc, celui des noces, du baptême, de la résurrection. Il fait de nous vraiment un être nouveau, car nous portons Christ sur nous et autour de nous.

 

***

Comment pourrions-nous refuser une telle invitation ? Comment pourrions-nous refuser de participer à la fête en nous habillant de lumière et de fleurs des champs, en nous drapant de notre sauveur comme d’un drapeau blanc ? Oui nous acceptons d’être transfigurés à son image, et de devenir éblouissants, rayonnants, scintillants comme lui. Oui nous désirons venir aux noces mystiques, voir Dieu, partager la grande joie de tous les invités devant l’époux. Nous voulons échanger des vœux, répondre à cet appel qui engage toute notre vie : oui, je le veux. Je veux m’unir à toi Seigneur, tous les jours de ma vie, t’aimer de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute ma force. Je me donne à toi et je te reçois. Je veux chanter le Cantique des cantiques :

« Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » (Cantique 6,3).

Amen !

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