S’habiller du Christ
Se pose alors la question de savoir ce que nous faisons face à la quintessence de l’événement, la fête de l’amour, les noces divines, et la grâce pure pour tous. Car l’invitation appelle une réponse.
Elle appelle une conversion. Le père n’exige pas la perfection, il nous aime déjà alors que nous sommes mauvais, mais il ne se résigne pas à nous voir mauvais. Il voit en nous l’être que nous serons, à son image et à sa ressemblance, il souhaite et croit que nous deviendrons bons ! Car en lui nous naissons de nouveau, comme ses enfants véritables, nous sommes régénérés et nous devenons saints.
Car Dieu nous donne un vêtement de noces, un vêtement pour couvrir notre nudité. Être nu, c’est être vulnérable, parce qu’on voit toutes ses imperfections. Et nous aurions honte, si nous n’avions pas la certitude d’être aimés.
Voici le premier cadeau de Dieu, après qu’Ève et Adam ont mangé du fruit défendu :
« Le SEIGNEUR Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau, dont il les revêtit. » (Genèse 3,21).
Délicatesse admirable de Dieu, qui ne laisse pas l’être humain exposer à tous les regards la crudité de sa faute, mais couvre toutes les failles et les blessures. Le vêtement protège.
« Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu d’en haut jusqu’en bas. » (Jean 19,23).
Jésus, par sa mort, nous donne son vêtement parfait, et couvre tous nos péchés.
En clin d’œil au texte de dimanche dernier : « Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. » (Matthieu 6,25). C’est Dieu qui nous habille, un grand couturier encore plus habile que tous les lis des champs.
« Car vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Galates 3,27). Nous revêtons « l’être humain neuf » (Éphésiens 4,24), « jeune, renouvelé » (Colossiens 3,10). « Ainsi donc, vous qui êtes choisis par Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’une tendresse magnanime, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. » (Colossiens 3,12).
Et enfin, c’est un vêtement blanc, celui des noces, du baptême, de la résurrection. Il fait de nous vraiment un être nouveau, car nous portons Christ sur nous et autour de nous.
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Comment pourrions-nous refuser une telle invitation ? Comment pourrions-nous refuser de participer à la fête en nous habillant de lumière et de fleurs des champs, en nous drapant de notre sauveur comme d’un drapeau blanc ? Oui nous acceptons d’être transfigurés à son image, et de devenir éblouissants, rayonnants, scintillants comme lui. Oui nous désirons venir aux noces mystiques, voir Dieu, partager la grande joie de tous les invités devant l’époux. Nous voulons échanger des vœux, répondre à cet appel qui engage toute notre vie : oui, je le veux. Je veux m’unir à toi Seigneur, tous les jours de ma vie, t’aimer de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute ma force. Je me donne à toi et je te reçois. Je veux chanter le Cantique des cantiques :
« Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » (Cantique 6,3).
Amen !